Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 4

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Soňa Rychlíková, 8h44, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

Mercredi 21 octobre 2015, à Plzen

SONYA – EN CONGÉ MATERNITÉ

Sonya et sa famille habitent à l’écart du centre ville, dans un quartier de jardins et de petites maisons ensoleillées. Elle a autant dormi que son enfant lui a permit. Un voisin de passage nous dépose des poires du jardin. Quand Sonya s’absente quelques minutes, je surveille le bébé et assiste à son début de vie. Ensoleillé aussi… Quand elle revient, la mère chante en murmurant pendant qu’elle change l’enfant. Sonya pense que nous français manifestons en permanence, nous sommes des communistes. Pas comme eux Tchèques, qui sont certes feignants et satisfaits, mais qu’elle aime tout de même… Après le repas, Sonya évoque un de ses amis très croyant qui était en « visite » dans une maison close, et qui y oublia sa bible. Les filles ont lu son nom dedans et lui rendirent à sa visite suivante. En fin de journée le soleil se couche.

Guillaume Chauvin.

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Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 3

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Michaela Mixova, 09h38, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

Mardi 20 octobre 2015, à Plzen

MISHA – MANAGER CULTURELLE

La veille de ma journée à ses côtés, Misha m’accueille chez elle et son mari. La nuit je les entends parler dans leur chambre. En tchèque.

Dès le réveil elle allume Fip radio et se prépare pour la journée. Elle et l’enfant qu’elle attend. C’est étrange d’assister au maquillage d’une femme et être le premier à sentir son parfum. Quand nous partons j’entends Scarlatti joué à la guitare. Toute la journée, au bureau créatif qu’elle a monté, de la musique accompagne Misha. Je dors trop peu et suis fatigué : j’appuie fort sur mes paupières pour que des mosaïques aléatoires scintillent et dérivent dans le noir…

Guillaume Chauvin.

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Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 2

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Ladislav Vaindl, 8h46, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

Lundi 19 octobre 2015, à Plzen

 LADISLAV VAINDL – JOURNALISTE

Ladia est un journaliste multitâches. J’arrive dans le salon de sa maison où il déjeune sous le regard de son “chien chat”. Le tram nous dépose à son bureau où il côtoie les fauteuils vides de ses précédents collègues (ne reste que lui sur les 30 membres de l’ancienne équipe). Leurs tasses sont encore là, devant les ordinateurs éteints. Ladia est maître de ses sujets et les mets lui même en page. Il ne cache pas son faible pour l’Histoire et les personnages passés, plus flamboyants… Sur son bureau un prospectus annonce les dangers des feux d’artifices sur les animaux sauvages : photos de cygnes, oies, écureuils blessés ou tués lors des festivités.

Ladia regrette que ces derniers temps les tchèques ne soient pas exemplaires sur les questions humanitaires. Il évoque la bonne réputation des françaises et cite en souriant le général Schwarzkopf « aller à la guerre sans les Français, c’est un peu comme aller à la chasse au cerf sans son accordéon »…

Guillaume Chauvin.

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Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 1

Robert Krupan, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin
Robert Kroupar, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

17 octobre 2015, à Plzen

ROBERT – ACTEUR ET MUSICIEN
Robert m’accueille tôt avec Dacha (sa chienne). On marche ensemble dans du brouillard avant d’aller répéter la nouvelle pièce pour enfants dans le théâtre où Robert travaille et habite. Puis Robert m’offre un bon repas. Le soir chez lui il roule des joints pendant que Dacha tourne en rond sans réussir à attraper sa queue (« elle est hystérique » rit-il). Il est divorcé mais ce fut administrativement simple. Il a un fils. De la France il se souvient de Marie de Limoges.

« Ah Marie ! »
Il en veut un peu aux tchèques pour le bordel tchèque, et aussi d’être restés silencieux plusieurs fois dans l’Histoire. Surtout en 1992.
Il demande aux français de rester eux-même. Le soir Robert et son groupe de ska donnent un concert dans un bar de campagne.
La serveuse brune est magnifique et timide dans la nuit. En rentrant tôt le matin, “pisser frôle l’orgasme” dit un ami de Robert.
Un peu plus loin un lièvre pleure sous la pluie.

Guillaume Chauvin.

 

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Emmanuel Sapet

Emmanuel Sapet • Lycée • Givors • épisode 2

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14 octobre 2015, première sortie
« Réalisation de photographies en bord de Rhône.
Pour cette première sortie prise de vue, je retrouve les élèves à 8 h devant la médiathèque.
Il fait gris froid et humide. Il faudra beaucoup de courage et d’imagination pour inventer notre Givors plage.
Au café, je donne les instructions.
Nous partons sur deux types de travaux :
– d’une part la création de mises en scène ayant pour toile de fonds les rives du Rhône et du Gier. Les élèves agissent à la fois en tant qu’opérateurs et en tant qu’acteurs, en tant que photographe et en tant que modèle.
– d’autre part la collecte photographique de traces, de détails et des éléments caractérisant le paysage et témoignant de la vie des lieux.

Les boissons chaudes avalés, nous rejoignons les bords du Rhône avec trépied et appareils photos. Pour notre première mise en scène collective nous nous inspirons d’affiches touristiques d’autrefois. Il s’agit ici, en intégrant leurs canons esthétiques, de créer la fameuse ambiance Givors-Plage !

L’exercice est prétexte à l’observation, du lieux, de la lumière et de la composition. Nous apprenons à cadrer, composer, construire des plans.

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mises en scène © les élèves avec Emmanuel Sapet
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mises en scène © les élèves avec Emmanuel Sapet

Pour les autres mises en scène, que nous réalisons en demi groupe, nous nous appuyons sur des thèmes. Ceux-ci sont inventés par les élèves en rapport avec l’usage des rives du fleuve (par exemple : pique-nique en famille, bain de soleil, selfie, première cigarette, balade en amoureux, promenade acrobatique, jogging entre filles…).
Les élèves se prêtent bien au jeu et oublie un peu le froid. On joue à investir les rives, on se les approprie au fil des situations et des images. Les élèves se familiarisent avec l’appareil photo. Utiliser différents type de visée (à l’œil, à l’écran avec quadrillage et niveau). Utiliser le zoom à bon escient en découvrant l’effet des différentes focales. Faire la mise au point. L’usage du trépied oblige à se placer.

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Mises en scène © les élèves avec Emmanuel Sapet
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Mises en scène © les élèves avec Emmanuel Sapet
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Mises en scène © les élèves avec Emmanuel Sapet

Pendant ce temps l’autre moitié de la classe se consacre au prélèvement de détails et de traces. Il s’agit d’explorer et regarder le site autrement. S’intéresser aux graffitis (peints et gravés) et aux éléments d’écriture (affiches, panneaux pubs, …). S’intéresser aux « chemins d’hommes ». Les traces laissées par les passages en dehors des rues et des passages aménagés et balisés (accès au bord du Gier).
Une consigne est donné : cadrer chaque sujet ou motif avec :
Trois distances différentes.
Trois points de vue différents.
Trois focales différentes (35 – 50 – 105) »

Emmanuel Sapet

20 heures d’intervention de septembre à mai 2016 auprès de 21 premières bac pro textile et cuir du lycée professionnel Casanova à Givors. Enseignante porteuse du projet : Aurélia Westray
Dans le cadre du dispositif Eurêka soutenu par la région Rhône-Alpes.