Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 0

Robert Krupan © Guillaume Chauvin
Robert Kroupar, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

14 octobre 2015, de Strasbourg à Plzen

UNE RÉSIDENCE À PLZEN

La bohème occidentale est investie depuis le mois de janvier 2015, avec pour capitale européenne de la culture la ville de Plzeň (République tchèque). Plus connue sous son nom allemand Pilsen, la ville de la bière accueille un vivier d’artistes qui s’approprient les lieux.

À cette occasion, Stimultania introduit le photographe Guillaume Chauvin pour le temps d’une résidence au plus près des habitants de Plzeň.

Guillaume Chauvin a choisi l’immersion totale dans la ville, et décide de témoigner de la singularité de chaque habitant de Plzeň. Une journée, une personne. De professions différentes, d’âges variés, et au hasard des rencontres, il s’immiscera dans un quotidien pour livrer un panorama humain de la ville.

Par un appel à participation, une vingtaine d’habitants se sont déjà greffés au projet. 

Les murs du grand hall du DEPO 2015, lieu de création érigé à l’occasion du label, accueilleront les photographies de la résidence.

L’exposition sera vernie le lundi 7 décembre à Plzeň.

Robert Krupan © Guillaume Chauvin
Robert Kroupar, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

A B C Z  : TU VAS TCHÉQUIE  ?
ČESKOSBĚRNÝ PŘÍBĚH

Avant-propos

Avant, la République tchèque était pour moi jeune alsacien une région lointaine et quasi imaginaire. Une fois sur place, elle s’est révélée accueillante, et même séduisante. Au moment où nous y avons réalisé ce projet, il s’y trouvait 10 millions 537 mille 818 habitants, dont 169 mille 688 à Pilsen, ma ville d’accueil.

Dix d’entre eux volontaires parmi d’autres sont imprimés dans ce livre, après m’avoir laissé les accompagner le temps d’une journée afin de documenter leur quotidien dans une ville alors capitale européenne de la culture. Tous m’ont accueilli et fait confiance. Beaucoup avaient de l’humour et un chien. J’ai essayé d’être poli et discret, et parfois utile pendant que j’observais et comparais intérieurement les gestes, les décorations, les habitudes, les parfums et les différents rythmes de vie tchèques. L’étrangeté était partagée autant par l’hôte que par l’invité…

Je n’ai pas tout pris en photo : ce projet était tout sauf exhaustif. Et le voici déjà terminé. Je sais pourtant déjà que le dernier jour, quand il faudra rentrer chez moi en voyant défiler les rues de Pilsen et certaines fenêtres éclairées, je penserai : « j’ai déjà vécu ici, je connais cette famille ». Ce projet artistique m’a rappelé que géographiquement, Strasbourg est plus proche de Prague que de Paris.

Diplômé de l’école supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg (actuelle Hear), Guillaume Chauvin travaille comme auteur photographe et rédacteur, questionnant la subjectivité des images et affirmant son « point de vue documenté ».

Établi un temps en Russie, il a depuis publié dans la presse nationale et internationale (Le Monde, Feuilleton, 6 Mois, Paris Match, Desports, Zut, Réponses photo). Parallèlement à cela et à ses interventions publiques (Arrêt sur image, France culture, le Mouv’, Amnesty international, Faculté de Versailles), il développe un travail d’écrivain (éditions Allia), et d’éditeur indépendant (Les éditions m’habitent).

Ses travaux ont été exposés aux Rencontres d’Arles (Fr), à la Faculté de journalisme de Moscou (Rus), aux galeries Stimultania (Fr) et Artnews project (Ger), au Ceaac (Fr), et acquis par l’Artothèque de Strasbourg.

L'année

#résidences • lycées • écoles • givors • ÉPISODE…

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© Benoît Grimalt

Vendredi 9 octobre 2016, la rencontre

“Givors. Il fait beau, il fait chaud. Cinq artistes photographes, plasticiens, de Lyon, Arles, Valence, Saint Etienne se retrouvent chez Stimultania pour une journée de rencontres et de découverte de la ville. Benoit Grimalt, Benedetto Bufalino, Emmanuel Sapet, Alexandra Caunes et Julio Bescos interviennent auprès de lycées, d’écoles et d’associations sur l’année scolaire 2015-2016.

Rdv à 9 heure dans les bureaux de Stimultania, autour du merveilleux café du bar portuguais d’en face, pour un premier contact. Tout le monde a répondu présent, c’est une chance. Présentation, débriefing, plan de bataille.

Le groupe rejoint Félicie, d’origine italienne, givordine depuis 40 ans. Le centre ville, le marché, l’ancien appartement au Vieux Givors qui a disparu aujourd’hui, les petites ruelles jamais empruntées, la montée au château qui surplombe la ville, la Cité des Étoiles qui se déverse sur la colline.
Puis l’heure du repas. Bichonnée comme il se doit, la troupe se retrouve autour d’un énorme et goûteux plat de morue « la meilleure de Givors » nous a-t-on dit, celle du vendredi au Café du Port près de la piscine. En fait de port, nous sommes près de l’autoroute et des usines Total. Parce que c’est ça aussi, Givors.

Lucette nous a rejoint. Ancienne infirmière des verreries, fermées en 2003, elle prend la suite de la visite guidée. Direction l’unique vestige de l’activité ouvrière : la cheminée qui se dresse aujourd’hui au milieu d’un immense terrain vague, où la nature a repris ses droits. Ensuite direction les Vernes, la « zone » de Givors, ce fameux quartier qui a poussé dans toutes les villes, trimballant son lot de clichés : en lisière de la ville, les tours et barres d’immeubles, les difficultés sociales, la mixité. Lucette vit aux Vernes depuis 20 ans, elle nous fait parcourir ce qu’elle appelle les « chemins des hommes », petits sentiers de traverse créés par l’accumulation de pas. Un petit ruisseau, le mornantais, file vers les collines. Pour terminer : un passage à la grande mosquée de Givors, construite il y a moins de deux ans par les pratiquants, deuxième plus grand lieu de culte après la mosquée de Lyon.

La journée se termine vers 17 h. Une journée bien remplie, d’images, d’odeurs, de sons et de réflexions. A présent, à chacun d’appréhender son projet, son public, son espace et peut-être créer une synergie commune, un élan.

Rendez-vous au mois de mai pour une restitution collective.”

Matilde Brugni

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© Benoît Grimalt
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