Benedetto Bufalino • École • Montseveroux • épisode 1

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© Benedetto Bufalino

Lundi 29 février,

« Arrivée à l’école élémentaire de Montseveroux, petite commune à 20 kms de Vienne où m’attendaient les 3 classes (GS/CP; CE1/CE2; CM1/CM2)
Surprenant, dès mon arrivée, les élèves connaissaient déjà mon prénom.
Lors de cette journée, j’ai passé 2h avec chaque classes pour me présenter, montrer mon métier et leur expliquer le projet à faire ensemble.
L’école étant dans un château j’ai proposé de faire un jardin « à la française » où chaque élève serait un sapin vivant. »

Benedetto Bufalino

24 heures d’intervention du 29 février au 4 mars 2016 auprès de 23 GS-CP, 21 CE1-CE2, 24 CM1-CM2. Enseignants porteurs du projet : Dominique Ganet, Nadège Moulié, Marie-Hélène Tuminello
Dans le cadre des actions territoriales fédératrices. Soutenu par la DRAC Rhône-Alpes et la DSDEN de l’Isère.

Collectif Topotrope • Associations • Givors • épisode 6

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Séance de prise de vue, SAVS, février 2016 © Topotrope

Deux séances les 11 et 29 février 2016

SAVS, quartier Centre, Givors.

Cinq participants sont au nombre. Après un repérage préalable réalisé par les participants, nous sommes allés photographier les éléments relevés par la liste de ceux-ci préparée.
Comme une chasse aux éléments et une découverte des rues du centre dans leurs
moindre détails. Puis nous avons visionné les photographies en vue de leur
superposition lors de notre prochaine rencontre ; la préparation en amont a été un
précieux gain de temps, et nous avons pu collecter de nouvelles vues de ce quartier en
réfléchissant à l’idée de combinaison, d’images qui viennent s’incruster l’une à
l’intérieur de l’autre. »

Collectif Topotrope

100 heures d’intervention à Givors, de janvier à mai 2016, auprès des écoles et associations. Dans le cadre des actions de la Mostra, soutenu par la ville de Givors et la DRAC Rhône-Alpes.
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SAVS, février 2016 © Topotrope
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SAVS, février 2016 © Topotrope
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SAVS, février 2016 © Topotrope
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SAVS, février 2016 © Topotrope
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SAVS, février 2016 © Topotrope
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SAVS, février 2016 © Topotrope

 

Stimultania • IME • St-Étienne • épisode 6

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Je suis plastique, extrait du stopmotion

Jeudi 4 février, je suis une matière

« Dernière journée de pratique. Aujourd’hui petit programme tout simple : on se transforme en matière et on expérimente le cinéma.

Sarah, Najette, Rolando, on s’installe ce matin à l’atelier maintenance et hygiène des locaux. Ça sent bon le linge propre, la pièce est claire et calme. Première mission rassembler les éléments : Sarah débute, il nous faut trouver de la neige. Un gros sac de coton fera l’affaire et le blanc éclatant de la grande table à repasser. Sarah choisit d’opérer sa transformation sur la main, faut pas trop de mouiller non plus. Je sers de modèle : mets toi derrière l’appareil, observe et dirige moi. Ici  la main ? Et la neige, elle arrive comment ? Ça paraît un peu confus comme ça mais pas d’inquiétude, tout va bien se passer. Najette la photographe mitraille au fur et à mesure que le coton envahit le bras. On regarde sur l’appareil, on fait avancer les images en mode rapide et là, magie du cinéma, la main disparaît progressivement sous un amas de neige moelleuse. Sarah est conquise, et ce n’est pas toujours gagné. Elle s’empresse de placer son bras et se laisse même aller à deux essais.

S’ensuit la transformation de Najette en tissu, Najette qui explose de rire, trônant telle une reine sur la table, petit à petit recouverte d’étoffes colorées. Enfin au tour de Rolando dont la timide mais solide main se camoufle sous une pile de  verres en plastique joueurs.

La matinée file à toute allure. Après un repas copieux à la brasserie des grands jours on enchaîne avec le groupe du bois, du fer et de l’or. Un beau programme, un peu lent à mettre en place : latence digestive + quatre jours de machine à création à plein régime = quelques moments d’essoufflement et d’inspiration à vide. De leur part comme de la mienne. Mais tout arrive : Angélique devient bûche de bois volante, Jonathan se couvre d’une parure d’or, Omar voit son visage devenir plaque de fer et Julien son bras devenir branche.

Le visionnage collectif permet de finaliser l’aventure. On essaye de se dire tout, que rien ne soit oublié. Rassemblement, rangement, bilan et puis au revoir puisqu’on se revoit bientôt.

Quatre jours c’est rien et ça passe vite. Mais quand même, d’avoir partagé de beaux moments, ça reste. Et l’impression de se connaître un peu. »

Matilde Brugni

26 heures d’intervention de janvier à avril 2016 auprès de 8 élèves de l’institut médico éducatif Parc Révollier à Saint-Etienne. Enseignante : Charlotte lafay-abid
Dans le cadre du dispositif Eurêka soutenu par la région Rhône-Alpes.

 

 

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Je suis neige, extrait du stopmotion © Sarah
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Je suis tissu, extrait du stopmotion © Najette
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Je suis bois, extrait du stopmotion © Angélique
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Je suis or, extrait du stopmotion © Jonathan
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Je suis fer, extrait du stopmotion © Omar
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Je suis bois, extrait du stopmotion © Julien
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© Najette
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© Najette
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© Charlotte
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© Jonathan

 

Stimultania • IME • St-Étienne • épisode 5

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Je suis Paris © Sarah

Mercredi 3 février, je suis un endroit

« Les visages sont reposés, l’ambiance au beau fixe. Et moi j’ai un peu de mal à mettre les yeux en face des trous, petit coup de fatigue mi-parcours. Il va falloir se réveiller, aujourd’hui on ne chôme pas.

La mission principale de la journée est de se projeter dans son endroit, un par un, en solitaire. En parallèle, pas de repos pour les guerriers : on continue les carnets de bord, le making off et ça se corse au niveau du selfie. Tester le legsie (les jambes), le helfie (les cheveux), le shelfie (devant une étagère. oui oui), le welfie (la musculature), le selfie photobomb (l’intrus), le selfie miroir et le selfie duckface (largement maîtrisé par Angélique et Sarah). Étendre le champ des possibles, sans obligation.

On installe le studio, merci Najette, Jonathan, Rolando pour le coup de main. Drap blanc tiré sur le mur, appareil sur pied, ordinateur branché, projecteur allumé. Najette accepte de passer en premier. Gentille et patiente Najette qui doit “subir” un bon nombre d’essais avant que ça fonctionne. Quand enfin tout est bon, je sors de la salle : aujourd’hui on se retrouve avec soit-même. Projette l’image de ton endroit, appuie sur le retardateur, 10 secondes pour te placer dans l’image, 10 secondes pour jouer avec les formes, avec le corps, s’intégrer dans le décor.

Tout le monde y passe, plus ou moins longtemps. Najette tout sourire s’accroche à la tour du port de Barcelone. Omar est embêté, toutes les images du lieu qu’il a choisi cache son visage mais c’est en supporter ultime du Real Madrid qu’il se révèle. Délicate Angélique se camoufle sur les bords du fleuve de Porto ; Julien se tient droit, stoïque, détendu au bord d’une plage idyllique ; Jonathan jamais-peur soulève la tour Eiffel et rit sur les Champs Élysées ; Sarah en pose mannequin surplombe Paris au crépuscule ; Rolando s’immerge dans la mer au clair de lune et… devient DJ d’une boîte de nuit. Enzo me demande de rester pour appuyer sur le bouton, pas à l’aise avec le retardateur. Mais de tourner la tête pendant qu’il cherche sa pose. Je l’entends s’agiter, souffler, sauter. Il me lance un “c’est bon !” tonitruant. Et le voilà intégré au milieu d’un rocher au bord d’une plage de Faro.

Pendant les téléportations solitaires, l’autre exercice du jour : je demande à chacun de passer pour un portrait type “photo d’identité” qui servira ensuite à un photo-montage à la John Stezaker. Et là je me dis que c’est fou comme tous se glissent devant mon appareil sans rechigner. Je suis épatée. Après tout, ils pourraient se demander ce que je trafique – dessiner un animal avec la lumière ? fossiliser une plante ? coller un paysage sur sa face ? Moi même, est ce que je le sais ? Mais pas un soupir, pas un œil en l’air. Confiance. Les portraits sont imprimés en noir et blanc, les paysages en couleur. Et chacun compose son nouveau visage-paysage.

L’exercice n’avait pas d’autre enjeu que l’expérimentation et la pratique. Finalement, le résultat se révèle intéressant. Je trouve touchant ces bouts de joues, de cou, de cheveux autour du paysage, qui racontent presque autant que le visage entier. En tout cas, c’est un oui général : ça sera montré dans l’exposition.

Milieu d’après midi, le temps de se poser un peu, regarder les productions du jour et des deux précédents. On revoit les choix de chacun, bien s’assurer qu’on assume toujours. On commence à parler de l’exposition, de la manière dont tout ça pourrait être montré.

A 15 h 15, c’est l’échappée. Reste Rolando qui n’était pas là la veille. Rolando qui a manqué la magie du labo. Alors on rattrape le coup, retour sous la lumière rouge. La plante, le profil, les yeux qui pétillent.

Installée dans le train, je sais que j’ai ma série de selfies à regarder. Merci Omar pour ta bonne humeur et ton visage sous toutes ses coutures ; Jonathan pour les prises de vue athlétique de perche surélevée, Julien pour avoir glisser au milieu des images prises avec les copains, une en solitaire ; Angélique pour les essais dans le miroir et une des grimaces les plus drôles ; Rolando pour ton regard et le super helfie ; Sarah pour un des legsies les plus maîtrisés ; Najette pour ton sourire éclatant. »

Matilde Brugni

26 heures d’intervention de janvier à avril 2016 auprès de 8 élèves de l’institut médico éducatif Parc Révollier à Saint-Etienne. Enseignante : Charlotte lafay-abid
Dans le cadre du dispositif Eurêka soutenu par la région Rhône-Alpes.

 

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installation du studio © Sarah
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installation du studio © Sarah
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installation du studio © Sarah
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prise de vue © Stimultania
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je suis Barcelone © Najette
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je suis Santiago Bernabeu © Omar
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pieds © Omar
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prise de vue portrait d’identité © Charlotte
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je suis Paris, photo-collage © Jonathan
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visionnage des productions © Charlotte
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© Angélique
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© Jonathan

Stimultania • IME • St-Étienne • épisode 4

Profil photogramme © Angélique avec Matilde Brugni Stimultania
Angélique © Stimultania

Mardi 2 février,  je suis une plante

« 10 h, les mines sont un peu fatiguées, dur de se mettre en route.

Mais ce matin, je sors la carte magique : à côté, dans la petite pièce noire, un laboratoire est installé. Julien, Najette, Omar y pénètrent en premier. Immersion dans le noir, ou plutôt la lumière rouge. Laisse tes yeux s’habituer. Vite submergée de question je laisse monter le suspens.

Prends ta plante, dépose la et arrange la sur la feuille de papier. Recule toi, ne bouge plus, ne respire plus. 1, 2 secondes de lumière : sur le blanc du papier, un flash de rouge pour la rose, de vert pour la menthe et de violet pour la fleur du jardin. Noir à nouveau.

Maintenant prends le papier et glisse le dans le premier bac. Attention, apparition.

L’effet est immédiat. Nous regardons ébahis la trace blanche sur fond noir de la rose qui flotte doucement. Silence et murmures. Au fur et à mesure, j’explique. Mais c’est tellement moins drôle, les explications.

Le premier groupe sort, c’est officiel : je suis la sœur d’Harry Potter.

Jonathan, Angélique, Sarah. Idem pour les suivants : un lys, une branche de thym, un germini se transforment en fossile de lumière.

Puis, c’est la deuxième aventure : colle ta joue sur le papier. Imprime ton profil, laisse une couche de ton visage. Jonathan, courageux, se porte volontaire. Agenouillé devant la table, dans une attitude soudain si calme, si apaisée, il prête son visage au papier. Lumière. L’ombre du profil n’est pas tout de suite bien calée, un ou deux ratés et puis ça fonctionne. C’est émouvant ce profil à la fois transformé et en même temps reconnaissable.

Chacun y passe. Même Angélique, qui se méfie, qui se cache derrière ses cheveux. Quel beau profil Angélique pourtant… Et même Julien, qui est d’accord pour la main mais c’est tout, pas plus, impossible. Allez Julien, essaye, pour ne pas regretter. Julien essaye et c’est parfait.

On s’amuse de la marque blanche que forme la joue, de ces drôles de radiographies. On les met à côté des plantes, à côté les uns des autres. C’est encore plus beau ensemble.

En parallèle du labo, les activités ne manquent pas : making off, journal de bord et, bien sûr, ça continue à chauffer au niveau du selfie. Une production journalière que je découvre, le sourire aux lèvres, dans le train du retour. »

Matilde Brugni

26 heures d’intervention de janvier à avril 2016 auprès de 8 élèves de l’institut médico éducatif Parc Révollier à Saint-Etienne. Enseignante : Charlotte lafay-abid
Dans le cadre du dispositif Eurêka soutenu par la région Rhône-Alpes.

 

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Atelier photogramme, profil et plante de Omar © Stimultania
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Atelier photogramme © Stimultania
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Atelier photogramme © Stimultania
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Atelier photogramme © Stimultania
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Atelier photogramme © Stimultania
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Najette en mode selfie © Omar