Benoit de Carpentier • EREA • Chambéry • épisode 2

Mercredi 23 novembre 2016,

« C’est parti pour la fabrication des personnages et des  « costumes ».  Par où commencer et comment s’organiser ? Véronique et moi proposons de travailler par groupe de trois. Le premier sera photographié, le deuxième l’habillera, le troisième travaillera sur le fond.

Très vite l’organisation évolue, les jeunes se saisissent du projet, et une autre façon de travailler se met en place, assez naturelle, propre au groupe et aux qualités de chacun. Dans la tribu que nous formons pour quelques jours, Adèle sera la muse des coulisses : passionnée de maquillage, elle peint avec habilité et énergie masques et tatouages pour ses camarades. Sa mission devient une évidence et s’impose.

Léo et Liam, sont les forgerons. Inséparables ils travaillent à deux sur la fabrication de leurs tenues. Ils percent, coupent, lient, transforment, assemblent. Chacun trouve sa place, Véronique et moi aidons, conseillons, proposons.
Un espace pour  monter le dispositif de prises de vues est choisi. Les garçons m’aident à disposer le studio : fond, flashs, appareil de prises de vues.
La journée sera intense, compacte, studieuse. Une fois les costumes réalisés, on imagine  le fond, arrière-plan devant lequel le sujet s’installe. Fond sobre ou baroque ? Quel univers créer ?
À tour de rôle, les élèves se mettent en scène, puis sont photographiés, parés de leurs costumes et attributs, l’arrière-plan accordé au personnage créé.

On a dressé des petites couettes sur la tête de Pierre, dans lesquelles ont été placé des plumeaux de graminées. On photographie : les plumeaux ne ressortent pas. Tons sur tons avec le fond, ils disparaissent. Pourquoi ? Essayons avec une couleur sombre. On nappe l’arrière fond d’un drap noir : tout change. Un personnage singulier apparait, élégant, excentrique, étrange.
Quand Lindsay s’installe devant l’objectif  enveloppé de tulle rouge, c’est en premier la couleur qui irradie. Quelle est la complémentaire du rouge? On cherche les herbes vertes, on les suspend, on les dispose derrière elle. On recule et on apprécie le rouge sur le vert. Progressivement une sorte de tanière se créer. Mais Lindsay, c’est aussi une forte présence. Une guerrière ? Assurément. Un chef ? On n’est pas loin. Les herbes ne suffisent plus pour animer le repaire d’un tel être. Où sont les trophées, les butins ? On récupère les os, cranes, mâchoires, bois de cerfs et cornes pour les accumuler sur le fond. La prise de vue commence. La guerrière légèrement voutée se redresse, ses épaules s’élargissent, sa tête s’ajuste dans le prolongement de son axe, son regard est pénétrant. Soudainement, vous vous sentez regardé.
À tour de rôle, jusqu’au lendemain, passent treize guerriers, chefs, princesses, reines, shamans, femme des coulisses : Faresse, Burak, Léo, Liam, Pierre, Charline, Sherryl, Céline, Lise, Maria, Anaïs, Lindsay et Adèle.

Lindsay © les élèves avec Benoît de Carpentier, novembre 2016
Lindsay © les élèves avec Benoît de Carpentier, novembre 2016

Treize portraits proposant un inventaire d’êtres nouveaux, primitifs, poétiques, réels. »

Benoît de Carpentier

20 heures d’intervention en novembre 2016 avec 14 CAP couture, blanchisserie industrielle et restauration collective à l’Établissement Régional d’Enseignement Adapté Amélie Gex de Chambéry.

Avec : Véronique Letellier, professeur spécialisée.
Soutenu par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et la région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du dispositif Eurêka Club Culture.

Charline © les élèves avec Benoît de Carpentier, novembre 2016
Charline © les élèves avec Benoît de Carpentier, novembre 2016
Léo © les élèves avec Benoît de Carpentier, novembre 2016
Léo © les élèves avec Benoît de Carpentier, novembre 2016
Pierre © les élèves avec Benoît de Carpentier, novembre 2016
Pierre © les élèves avec Benoît de Carpentier, novembre 2016

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