Émilie Saccoccio • MFR • Arbresle • épisode 1

© Emilie Saccoccio
© Émilie Saccoccio

Deux invitations sont proposées aux deux classes de la MFR La Palma qui participent au projet. La première commence par une question : qu’est-ce qu’un geste important ? La seconde est d’explorer la dimension poétique d’un geste de soin depuis son aspect professionnel jusqu’à sa dimension personnelle.

On s’est d’abord posé ces questions qui demandent de regarder de biais son expérience et soi-même en tant que soignant puis nous sommes passés à la photographie. L’invitation était que chaque élève définisse un geste et le confronte ensuite, le fasse entrer en résonance avec un paysage personnel, intuitif, un lieu situé aux alentours de la MFR. J’ai donc proposé aux élèves une marche photographique qui nous permettrait de réaliser ces images tout en nous plongeant dans cet état de quête et cette temporalité toute particulière.

Les premiers jours

Au premier abord, la première classe est à l’écoute et intriguée par le sujet.
Une confiance se tisse dans le fait de se confier sur ce qui nous anime, et particulièrement sur notre relation aux lieux qui nous ont marqués et qui font profondément partie de nous.

Puis vient le moment de penser le « geste important ». Très vite une inertie de groupe oriente le sujet vers des gestes d’affections, des gestes qui disent « qui je suis ». C’est ce qui ressort le plus, comment signifier l’attention, la présence, la tendresse, les restes d’enfance, le soin et une conscience aigüe de l’autre, les limites de son corps et du sien propre.

Le lendemain, rencontre avec la seconde classe, plus énergique. Rester assis est une épreuve, passer par l’écrit en est une supplémentaire mais découvrir la technique argentique nous remet en action et nous donne du mouvement pour la semaine suivante.

L’histoire d’un geste professionnel devenu geste personnel ramène son lot d’anecdotes racontées timidement, celles de personnes âgées touchées qu’on les soigne au point de ne plus pouvoir lâcher une main qui s’est tendue, des restes de témoignages. On sent les élèves sensibles à ce trop-plein d’émotions intraduisibles et pourtant bien conscients de ce qu’on leur confie. Matières précieuses.”

Émilie Saccoccio

40 heures d’intervention, avec 48 secondes bac pro services aux personnes, Maison Familiale Rurale La Palma de l’Arbresle, janvier-février et avril 2017
Avec : Carine Saint-Michel et Geneviève Pacalet, formatrices responsables

Soutenu par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et la région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du dispositif Eurêka Club Culture.

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