Stimultania • IME • St-Étienne • épisode 2

Tourné vers l'avenir, making off © Thomas
Vers l’avenir, making off © Thomas

Jeudi 12 janvier 2017, vers l’avenir

“Deuxième séance avant la semaine intensive. Objectif : préparer le terrain. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je suis testée : sauras-tu poser le bon prénom sur le bon visage ? C’est un sans faute.

Après cette première victoire, les jeunes gens sont invités par petits groupes successifs à venir découvrir ce qui composera notre expérience. Dire l’envie de jouer avec un mot qui contient beaucoup, un mot omniprésent, un mot que l’on entend, voit, clame partout, à la maison, à l’école, à la télé, dans la rue. L’envie de se servir de l’image pour bousculer ce mot en passant par plusieurs phases et expérimentations. Investir l’espace des ateliers de formations, les tenues ; dénaturer l’outil de travail ; décaler le geste professionnel, extraire un nouveau sens de son essence ; dérouler une liste d’expressions liées à ce fameux mot – le travail, pour construire de nouvelles images, poétiques. Expérimenter la photographie argentique, la photographie-trace d’une performance, le stopmotion, le noir et blanc. Investir l’image avec son corps, investir son corps, se concentrer, s’exprimer, se lâcher. Développer son geste, avec minutie ou débordement. Travailler ensemble, fabriquer de la matière en vue de la future exposition, point d’orgue d’une expérience commune.

Un programme chargé, donc. Les yeux s’arrondissent, les corps s’affaissent un peu. Silence. Même accompagné d’images et d’exemples, tout cela reste abstrait. Je n’ose leur dire que ceci n’est que le programme avec moi mais qu’en parallèle, avec Charlotte, ils ne vont pas chômer non plus entre exercices libres, making off et découvertes de mythes…

Bon. Ne pas trop s’attarder. Quand l’attention lâche alors on passe à la pratique pour une première “mission”, une mise en bouche. Puisque cette séance est dédiée à l’avenir, commençons à jouer : partie d’un tableau de Caspar David Friedrich, “Voyageur contemplant une mer de nuages”,  dans lequel j’ai vu une métaphore (l’homme gravit la montagne pour contempler un horizon qui pourrait être professionnel…) je leur propose un portrait atypique. Un portrait de dos. Un peu moins impressionnant qu’un face à face mais tout de même, déjà, une petite prise de risque.

Installation rapide d’un fond vert pour éventuel futur photomontage (fond qui s’avère beaucoup trop petit et totalement inutile) puis les voilà qui défilent devant l’appareil. L’assistant lumière désigné tient la lampe haut les bras un peu tremblants. Chacun s’assoit sur le tabouret, prête sa nuque à mes indications. D’abord regarde devant, et puis tourne un peu la tête, essaye de me regarder, redresse ton dos, redresse ton menton. Regarde au loin, main en visière. Océane passe puis me demande de faire de même. Ok, à toi de jouer alors. Un peu étonnée, Océane, mais ravie de mener la barque.

Ensuite, l’idée est de poser debout. Reprendre la pose du voyageur en haut de sa montagne. Là, petite impro : il y a une blouse blanche, chacun devra s’y envelopper. Imagine que devant toi s’étend un vaste horizon. Oublie le mur, oublie ce vilain tissu vert. Dresse ton corps, porte ton regard au loin, surplombe cette vaste mer de nuage ! Tends tes bras, envole toi.

Scepticisme marqué chez certains, incompréhension à peu près généralisée. Mais il y a quand même de l’amusement, et c’est le but. Tout le monde se prête au jeu. Chacun prend la pose, chacun photographie. Les personnalités, doucement, se dessinent.

Et pendant que les uns sont en atelier, le reste planche sur la recherche et découverte des expressions : travail d’équipe, travail au noir, plan de travail, travail de fourmi, bourreau de travail, arrêt de travail… La liste est longue. Gauthier et Anthony ont les yeux qui brillent lorsqu’on évoque les histoires de Titans et Romains, de Pénélope et Sisyphe.

Le temps passe vite, comme toujours. Plus que jamais, il va falloir être organisé, efficace, concentré. La tâche qui nous attend n’est pas des moindres (une montagne à gravir ?) ”

Matilde Brugni

26 heures d’interventions avec 12 élèves en formation à l’IME
Avec : Charlotte Lafay-Abid, professeur spécialisée.
 Soutenu par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et la région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du dispositif Eurêka Club Culture.

 

Tournés vers l'avenir, Amélie © Thomas
Vers l’avenir, Amélie © Thomas
Vers l'avenir, making off © Thomas
Vers l’avenir, making off © Thomas
Vers l'avenir, making off © Thomas
Vers l’avenir, making off © Thomas

 

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