Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 6

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Václav Silovský, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

Vendredi 23 octobre 2015, à Plzen

VACLAV – FERMIER ET ÉLEVEUR BIO

Je me retrouve non loin de Pilsen, à Sobesuke. Sosie du village franc-comtois où vivent mes parents. Même forme des toits des maisons, mêmes formes des têtes des gens, seule la langue change… Il fait beau, les feuilles tombent des arbres avec bruit sur leur maison pleine d’énergie positive. Vasek a le bonheur d’une famille généreuse, des poules et boucs en plein champ, des canards verticaux et des crêpes à la lavande. En marchant le long des fossés qui me lancent le parfums de pommes fermentées, je ressens une satisfaction spirituelle et organique rare. Le tracteur sent le feu de bois. Les enfants m’offrent des pommes dures et le thé est rouge sang. Vasek et sa famille ont un « dauphin » à la maison (c’est le nom du chat). Ils ne ferment jamais leur porte à clef.

Guillaume Chauvin.

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Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 5

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Zuzana Kellner, 13h44, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

Jeudi 22 octobre 2015, à Plzen

SUZANNA – PROFESSEURE DE DANSE

Suzanna m’accueille dans la lumière, à une table sur laquelle attend déjà un thé au gingembre, face à un beau jardin. L’enfant qui joue me parle en tchèque et je lui réponds en français. Puis nous partons au centre de danse où travaille Suzka. Sa première élève est une jolie unijambiste douée pour le poledance, puis un groupe de jeunes filles flottant le long de barres verticales… Suzka regrette que les gens d’ici se plaignent souvent. Heureusement ils sont ouverts à l’art et plus sensibles qu’ailleurs. Suzka est blonde aux yeux noirs.

Guillaume Chauvin.

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Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 4

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Soňa Rychlíková, 8h44, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

Mercredi 21 octobre 2015, à Plzen

SONYA – EN CONGÉ MATERNITÉ

Sonya et sa famille habitent à l’écart du centre ville, dans un quartier de jardins et de petites maisons ensoleillées. Elle a autant dormi que son enfant lui a permit. Un voisin de passage nous dépose des poires du jardin. Quand Sonya s’absente quelques minutes, je surveille le bébé et assiste à son début de vie. Ensoleillé aussi… Quand elle revient, la mère chante en murmurant pendant qu’elle change l’enfant. Sonya pense que nous français manifestons en permanence, nous sommes des communistes. Pas comme eux Tchèques, qui sont certes feignants et satisfaits, mais qu’elle aime tout de même… Après le repas, Sonya évoque un de ses amis très croyant qui était en « visite » dans une maison close, et qui y oublia sa bible. Les filles ont lu son nom dedans et lui rendirent à sa visite suivante. En fin de journée le soleil se couche.

Guillaume Chauvin.

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Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 3

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Michaela Mixova, 09h38, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

Mardi 20 octobre 2015, à Plzen

MISHA – MANAGER CULTURELLE

La veille de ma journée à ses côtés, Misha m’accueille chez elle et son mari. La nuit je les entends parler dans leur chambre. En tchèque.

Dès le réveil elle allume Fip radio et se prépare pour la journée. Elle et l’enfant qu’elle attend. C’est étrange d’assister au maquillage d’une femme et être le premier à sentir son parfum. Quand nous partons j’entends Scarlatti joué à la guitare. Toute la journée, au bureau créatif qu’elle a monté, de la musique accompagne Misha. Je dors trop peu et suis fatigué : j’appuie fort sur mes paupières pour que des mosaïques aléatoires scintillent et dérivent dans le noir…

Guillaume Chauvin.

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Guillaume Chauvin

Guillaume Chauvin • Plzen • épisode 2

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Ladislav Vaindl, 8h46, Plzen, 2015 © Guillaume Chauvin

Lundi 19 octobre 2015, à Plzen

 LADISLAV VAINDL – JOURNALISTE

Ladia est un journaliste multitâches. J’arrive dans le salon de sa maison où il déjeune sous le regard de son “chien chat”. Le tram nous dépose à son bureau où il côtoie les fauteuils vides de ses précédents collègues (ne reste que lui sur les 30 membres de l’ancienne équipe). Leurs tasses sont encore là, devant les ordinateurs éteints. Ladia est maître de ses sujets et les mets lui même en page. Il ne cache pas son faible pour l’Histoire et les personnages passés, plus flamboyants… Sur son bureau un prospectus annonce les dangers des feux d’artifices sur les animaux sauvages : photos de cygnes, oies, écureuils blessés ou tués lors des festivités.

Ladia regrette que ces derniers temps les tchèques ne soient pas exemplaires sur les questions humanitaires. Il évoque la bonne réputation des françaises et cite en souriant le général Schwarzkopf « aller à la guerre sans les Français, c’est un peu comme aller à la chasse au cerf sans son accordéon »…

Guillaume Chauvin.

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