Sébastien Moullier • EHPAD • Strasbourg • épisode 2

« Et nos rêves » Off, janvier 2017 © Sébastien Moullier

Jeudi 26 janvier 2017,

« Le projet « Et nos rêves » a bien avancé et il ne me reste que deux portraits à réaliser pour finaliser les prises de vue. Viendra ensuite la deuxième partie : les restitutions d’entretiens. L’an dernier, pour « Et nos souvenirs », j’avais confié le rôle de voix off à Laurane Amye. Mais cette année, j’ai choisi de faire interpréter les mots des résidents par… Des enfants !

Cette partie du projet débutera très bientôt durant les activités périscolaires au centre socioculturel du Neudorf. Il m’a été dit que le projet suscitait l’intérêt des enfants et j’ai vraiment hâte de les rencontrer. Je pourrai à nouveau compter sur la présence bienveillante de Laurane qui m’accompagnera pour le coaching voix des enfants.

J’ai réalisé cette semaine le portrait de Mme Brion pour qui j’ai une sympathie particulière. Je ne sais pas si c’est sa bonne humeur, sa sensibilité, sa sincérité ou sa dévotion qui me touche le plus, ce qui est sûr c’est que j’espérais vraiment qu’elle accepte de participer à ce nouveau projet. Je me souviens qu’en décembre 2015, durant la réalisation d’« Et nos souvenirs », elle était passée littéralement du rire aux larmes durant l’entretien. Elle avait d’abord partagé un souvenir d’une fête de la bière à Schiltigheim ou elle s’était tellement amusée que quand elle racontait ce moment, frappant des mains pour battre la mesure, je me croyais réellement là-bas. Puis elle avait été submergée par l’émotion du souvenir de ses deux chiens, dont je me rappelle les noms sans mes notes, Cerise et Schnapsy, qui étaient ses compagnons de vie.

Cette semaine, nous avons parlé de ses rêves d’enfance et son témoignage m’a encore une fois ému. Je suis impatient de pouvoir une nouvelle fois partager leur Histoire.

À suivre. »

Sébastien Moullier

Dans le cadre de la Semaine Bleue 2016, Ville et Eurométropole de Strasbourg 
« Et nos rêves » Off, janvier 2017 © Sébastien Moullier
« Et nos rêves » Off, janvier 2017 © Sébastien Moullier
« Et nos rêves » Off, janvier 2017 © Sébastien Moullier

Guillaume Chauvin • Strabourg / Plzen • épisode 0

Ce nouveau projet européen prend la forme d’un workshop entre Plzen (CZ) et Strasbourg (FR). Il se destine à douze étudiants du département de photographie – dirigé par Vojtech Aubrecht – de la Faculté des arts et du design Ladislav Sutnar à Plzeň, confrontés à autant d’auteurs et volontaires français. Ce workshop s’inscrit notamment dans le cadre de la Présidence de la République tchèque au Conseil de l’Europe et donnera lieu à la publication d’un ouvrage bilingue conçu par le graphiste Martin Busek et à une exposition consacrée en mai 2017 (à Plzeň, Prague, Strasbourg et Paris).

« Au mois d’octobre 2016, des auteurs français sollicités par Guillaume Chauvin produisirent des instructions que ce dernier alla remettre aux étudiants tchèques une fois celles-ci traduites. Chacun d’entre eux en tira six au sort, qu’il ou elle eut ensuite à réaliser, coûte que coûte ! » Français et Tchèques collaborent sans se connaître ni se voir, par l’intermédiaire de ces seules instructions produites par les premiers à l’intention des seconds. Autant de connexions concrètes et sensibles entre nos deux cultures, que de clins d’œils photographiques aux dérives situationnistes dont le mouvement fête son « anniversaire » en novembre 2016. Une introduction à ce travail participatif et évolutif, dont chaque pierre change de forme et se pose en direct. Une mise en abîme visuelle et néanmoins apréhendable par tout un chacun. Permettant à tous de découvrir et ré-inventer son monde.

Une exposition est prévue à la galerie Ladislav Sutnar du 31 mai au 24 juin 2017.
Un projet porté par Stimultania, pôle de photographie

Un projet soutenu par l’Institut Français, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, la Région Alsace – Champagne Ardenne – Lorraine, la Faculté du design et des arts Ladislav Sutnar à Plzeň, la galerie Ladislav Sutnar, Tereza Svášková – DEPO 2015
 
Avec le concours de l’Alliance française de Plzeň, l’Institut français de Prague, le Centre tchèque de Paris, A.E.D.E.C, Radio Prague, le département de langue tchèque de l’Université de Strasbourg, le fonds photographie de la Médiathèque André Malraux

 

Va là où tu rêverais de prendre une photo. Juste avant d’y partir, tu t’arranges pour oublier ton appareil photo. Une fois sur place remplis bien tes yeux avec tout ce que tu vois de ce lieu auparavant si convoité. Mets dans tes yeux tout ce que tu aurais mis dans ton appareil. Une fois rentré(e) chez toi ra ppelle toi de la scène qui impressionna le plus tes yeux. Décris-la précisément à un autre photographe qui se rendra là bas pour réaliser à ta place cette image et te l’offrir ensuite. Merci aux deux.
Va là où tu rêverais de prendre une photo. Juste avant d’y partir, tu t’arranges pour oublier ton appareil photo. Une fois sur place remplis bien tes yeux avec tout ce que tu vois de ce lieu auparavant si convoité. Mets dans tes yeux tout ce que tu aurais mis dans ton appareil. Une fois rentré(e) chez toi ra ppelle toi de la scène qui impressionna le plus tes yeux. Décris-la précisément à un autre photographe qui se rendra là bas pour réaliser à ta place cette image et te l’offrir ensuite. Merci aux deux. 36 © Katerina Dvorakova, 2016
Installe-toi à ton bureau. Imagine ce qu’un français de 31 ans aurait pu te donner comme instructions pour réaliser une photo particulière. Écris-les. Suis-les. Merci.
Installe-toi à ton bureau. Imagine ce qu’un français de 31 ans aurait pu te donner comme instructions pour réaliser une photo particulière. Écris-les. Suis-les. Merci. 63 © Martina Havlov
Sors de chez toi en pleine nuit. Entre deux et quatre heures du matin. Repère le sens du vent et marche contre lui. Toujours tout droit, contre le vent. Dès que tu te sens en insécurité, prends une photo et tu rentres chez toi en courant. Merci.
Sors de chez toi en pleine nuit. Entre deux et quatre heures du matin. Repère le sens du vent et marche contre lui. Toujours tout droit, contre le vent. Dès que tu te sens en insécurité, prends une photo et tu rentres chez toi en courant. Merci. 68 © Katerina Dvorakova
Assieds-toi à une table, prends un stylo et une feuille. Pense à un lieu situé à une bonne vingtaine de minutes de marche de chez toi (la gare, l’école, le supermarché). De tête écris précisément le chemin à prendre pour t’y rendre, mais simplement avec des indications comme : première à gauche puis troisième à droite, encore deuxième à droite puis huitième à gauche... Descends de la rue avec ton bout de papier. Suis scrupuleusement les indications et prends en photo le bâtiment devant lequel elles te mènent. Si c’est le bon, chapeau ! Merci.
Assieds-toi à une table, prends un stylo et une feuille. Pense à un lieu situé à une bonne vingtaine de minutes de marche de chez toi (la gare, l’école, le supermarché). De tête écris précisément le chemin à prendre pour t’y rendre, mais simplement avec des indications comme : première à gauche puis troisième à droite, encore deuxième à droite puis huitième à gauche… Descends de la rue avec ton bout de papier. Suis scrupuleusement les indications et prends en photo le bâtiment devant lequel elles te mènent. Si c’est le bon, chapeau ! Merci. 71 © Martina Havlov
Tu es dans ta chambre. Tu mets la musique tellement fort que quelqu'un, parent, coloc, ami, entre pour te dire de baisser le son. C'est ce visage à ce moment que tu devras photographier. Merci.
Tu es dans ta chambre. Tu mets la musique tellement fort que quelqu’un, parent, coloc, ami, entre pour te dire de baisser le son. C’est ce visage à ce moment que tu devras photographier. Merci. 77 © Jana Cerna
Demande l'autorisation pour photographier la plus grande piscine de Plzen avec un temps de pose très long. Pour que tous les baigneurs se confondent avec l'eau. Semblent y fondre. Merci.
Demande l’autorisation pour photographier la plus grande piscine de Plzen avec un temps de pose très long. Pour que tous les baigneurs se confondent avec l’eau. Semblent y fondre. Merci. 79 © Jana Cerna

#Workshop • Patrick Bailly-Maître-Grand • Strasbourg

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Résultats du rayogramme sur papier baryté suite à plusieurs essais © Stimultania

Week-end du 4-5 et 6 décembre 2015 – Stimultania Strasbourg (67)

 

Le week-end du 4, 5 et 6 décembre 2015, six participants ont eu l’opportunité de découvrir les techniques du monotype direct, de la solarisation, du rayogramme et du virage lors d’un workshop mené par le plasticien photographe Patrick Bailly-Maître-Grand.

L’artiste a gracieusement ouvert les portes de son appartement à l’occasion de ce workshop pour dévoiler son univers artistique. Une fois le pas de la porte franchi, le regard est sans cesse sollicité par un nombre considérable d’œuvres d’art exposées dans les pièces. Chaque recoin du mur du salon regorge d’objets trouvés dans les brocantes.  Après une rencontre conviviale autour d’un petit-déjeuner, la journée a débuté par une présentation globale des inspirations et de la démarche artistique de l’artiste. Les participants se voient instantanément immergés dans l’univers fantasmagorique de Patrick Bailly-Maître-Grand.

En une journée, les techniques du monotype direct et le rayogramme ont été abordées :
Le rayogramme s’est pratiqué dans le laboratoire de l’artiste. Lampe inactinique allumée, bac de révélateur, de fixateur et d’eau en place, les participants ont eu comme objet de travail une tête en verre. Nul besoin d’appareil photo pour réaliser un rayogramme mais simplement de l’imagination. L’œuvre est réalisée à partir d’un papier baryté afin de dévoiler les ombres profondes du verre. Dans le bac à révélateur, l’image surgit telle une apparition fantomatique.

Descendu dans l’immense cave, le deuxième groupe a, quant à lui, réalisé une œuvre d’après la technique du monotype direct. Sur une table se trouvait une ancienne chambre noire dont le soufflet en cuir témoignait de son utilisation dans le passé. En face de cet objet historique se tenait un modèle particulier : une chaussure revisitée. Patrick Bailly-Maître-Grand façonne ses œuvres à partir d’objets trouvés dans les brocantes. C’est en les retravaillant qu’il leur donne une seconde vie. Les participants se sont exercés à ce même type d’exercice en découpant, déchirant, collant, transformant une simple chaussure en un objet artistique. La chambre noire capture l’image de la chaussure et dévoile ses moindres détails en négatif rendant l’objet presque palpable. Une œuvre unique et non reproductible est née.

“Apprenez à aimer le négatif”.
Cette phrase de l’artiste résonne dans nos oreilles, comme si nous avions oublié que l’essence même de la photographie réside dans son négatif.

Après avoir reproduit des techniques employées par Patrick Bailly-Maître-Grand, les participants ont pu élaborer leur propres projets artistiques en utilisant les techniques apprises jusqu’ici.
C’est avec un bagage rempli d’œuvres, de souvenirs et de compétences photographiques que les participants ont quitté l’appartement de Patrick Bailly-Maître-Grand.

 

Sébastien Moullier • EHPAD • Strasbourg

S.Moullier_Stimultania_1

« Je viens de vous raconter ma vie »

À l’EHPAD Abrapa Neudorf, résidence du 3 au 4 décembre 2015, dans le cadre de la Semaine Bleue. 

C’est dans le cadre de la Semaine bleue, que le photographe Sébastien Moullier est allé rencontrer le 3 et 4 décembre les résidents de l’EHPAD Abrapa Neudorf pour présenter son projet artistique axé autour du souvenir.
Durant toute une matinée, Sébastien Moullier et Samuel, un animateur, ont traversé les longs couloirs colorés à la recherche de résidents volontaires pour ce projet. Chaque entrée dans une chambre était un voyage empli de souvenirs et d’humanité. C’est dans ces espaces d’intimité que Sébastien Moullier a pris le temps de parler de son projet : associer un portrait à un souvenir. Certains étaient emballés tandis que d’autres étaient plus réticents à l’idée de remuer des souvenirs parfois trop douloureux.
Pour Sébastien Moullier, la question du souvenir est importante car elle permet de dévoiler la vitalité d’une personne à travers un mot, un regard. Selon lui, les séniors « sont des mines d’or en terme de souvenir ».
Douze personnes ont joué le jeu en se mettant face à l’appareil. Capter un sourire, c’est également capter le souvenir de ces personnes qui ne demandent qu’à être écoutées.
« On était heureux », cette phrase d’une participante résonne en nous comme un besoin de raconter le passé, la famille, les enfants, les études, la vie. Certains étaient à l’aise dans cet exercice alors que d’autres, regard dans le vide, étaient à la recherche d’un souvenir perdu. Quand la parole n’exprime rien, le corps s’en charge. Visage détendu, rides esthétiques, regard profond, les portraits sont beaux.

Résidence de Sébastien Moullier à l'EHPAD Abrapa Neudorf © Sébastien Moullier
Résidence de Sébastien Moullier à l’EHPAD Abrapa Neudorf © Sébastien Moullier
Résidence de Sébastien Moullier à l'EHPAD Abrapa Neudorf © Sébastien Moullier
Résidence de Sébastien Moullier à l’EHPAD Abrapa Neudorf © Sébastien Moullier
Résidence de Sébastien Moullier à l'EHPAD Abrapa Neudorf © Sébastien Moullier
Résidence de Sébastien Moullier à l’EHPAD Abrapa Neudorf © Sébastien Moullier